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Michel ZALIO
Écrivain-voyageur et photographe


Je suis né comme tous les autres, mais déjà privilégié.
J'étais aimé, c'est immense, mais le plus grand des privilèges fut certainement qu'il était plus important, aux yeux inconscients de mes parents, de mieux se débrouiller sur les rochers d'escalade que dans les livres d'école.
Pendant des années et dès notre plus jeune âge, ces farfelus de parents nous emmenaient fêter le réveillon de Noël en bivouaquant au milieu des rochers de la forêt de Fontainebleau, un gigot sur le feu, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente ! Invariablement, après quelques gorgées de Beaujolais (du Saint Amour), nous partions grimper pour fêter la venue du Christ : nous revivions, grandeur nature, la crèche de Bethléem.
Alors, devant les pages blanches de mes devoirs, je dessinai des voies d'escalade imaginaires. Mes héros de Zola s'appelaient Lachenal et Terray.

Pour parfaire mon chemin, je devins guide !
Guide de haute montagne : incroyable comme ce titre peut inspirer de respect !
Dans certaine honorable assemblée où chacun décline son identité, ingénieur, professeur, docteur, chercheur...... Guide de haute montagne ! Stop ! Silence ! Un peu comme une espèce en voie de disparition, un emblème de rêveries écologistes, un spécimen des risques naturels !
En fait, une profession exceptionnelle, où travail, plaisir, vacances, rencontres, sont intimement liés ! Montagne toute l'année, sous toutes ses formes !
Quel miracle, d'enchaîner une marche dans le désert et une randonnée à ski, de pelleter la neige le soir après avoir quitté Tamanrasset le matin, de repartir le lendemain, plus à l'Est, vers les altitudes dantesques de l'Himalaya.


"Etre payé pour partir en vacances" est une rengaine maintes fois entendue : elle doit avoir une part de vérité !
Je parcourais les Alpes, gravissais les plus beaux sommets.
Du Ruwenzori aux volcans du Kamtchatka, des sommets andins aux "Géants" himalayens, j'avais l'immense satisfaction d'apercevoir les yeux luisants et satisfaits des visages fatigués qui disaient trop la joie d'avoir échappé, un bref instant, aux turpitudes de la vie citadine.
Je rencontrai aussi, au hasard des collines, Alfonso, Alberto, Mohammed, Kilu, Ang Nuru, Brahim, Djemilla, Sacha, Aghali, Al Housseini, Sergueï, Natacha, Stefan, Hanz......tous ces compagnons de contrées lointaines, de villages perdus, compagnons du rire et du sourire, de thé et de vodka, d'altitude et de désert, pleins de dignité, d'humilité et de discrétion, sans qui, jamais "Voyager" n'eût pu exister.
A eux, plus qu'à tout autre, je penserai encore, à "mon dernier repas !"


Aujourd'hui, il reste encore à lire cet atlas, à rêver, à projeter !
Demain, il y a encore tant de choses à faire !
Demain ou plus tard, en rêvant d'être éternel.