Accueil > Toute l'actu...
NE¨PAS CEDER A LA PEUR

Le 06/03/2008

Refuser de céder à la peur

Je rentre de Mauritanie avec un groupe de 33 personnes où nous avons
fêté l'année nouvelle. Ce fut un séjour merveilleux, serein et joyeux, dans
un pays très accueillant, doux et tolérant.
De retour en France, je constate avec peine les dégâts de la peur et de
l'égoïsme. A-t-on demandé aux Parisiens de quitter la capitale après
l'attentat dans le métro ? A-t-on demandé aux Madrilènes de quitter leur
capitale après l'attentat dans la gare ? A-t-on demandé aux New-yorkais de
quitter leur ville après l'effondrement des Twin Towers ? Alors, pourquoi
cette pression gouvernementale et médiatique à fuir la Mauritanie après deux
attentats près des frontières, dont on ne connaît pas très bien la véritable
nature ?
Les terroristes doivent se réjouir car ils ont réussi. Ils ont créé la
panique en France, et entraîné de graves perturbations économiques en
Mauritanie. Grâce à nous, ils ont gagné.

J¹étais à Bénarès il y a quelques années juste après un double attentat dans
la ville, qui avait fait des dizaines de morts. La vie avait repris comme
si rien ne s'était passé. Un ami indien commentait :
« Le terrorisme ne prendra pas en Inde car les gens ne se laissent pas
contaminer par la peur. »
J'étais aussi à Delhi à un moment de grande tension entre l'Inde et le
Pakistan. Un moine français, qui vivait là depuis cinquante ans me montra la
lettre reçue de l'ambassade et qui demandait à tous les ressortissants
français de quitter immédiatement le territoire, menacé par une guerre
nucléaire indo-pakistanaise.
Et alors ? demandai-je au swami.
Il éclata de rire en remettant le papier dans sa poche.
C'est du délire ! dit-il simplement.

Le peuple mauritanien est foncièrement paisible et tolérant, et n'a rien à
voir avec l'intégrisme islamique venu d'Arabie et du Moyen-Orient. Au lieu
de le soutenir dans sa résistance, notre pays l'abandonne. On parle
beaucoup de soutien aux peuples défavorisés et on se gargarise de bons
sentiments, mais on vient de déserter. Oui, la France vient de déserter un
champ de bataille par commodité personnelle.

Toute la région de l'Adrar, immense zone désertique, est depuis dix ans en
train de revivre grâce à un tourisme naturel respectueux des lieux et des
hommes. La population, exilée dans les bidonvilles des cités, revient au
pays, restaure les maisons et la vie reprend. Nous faut-il aujourd'hui être
insensible à tout cela et nous renier parce que nous cédons à la peur.
C'est la région des nomades qui seuls connaissent vraiment le pays et le
contrôlent. On y est sans doute en sécurité davantage que n'importe où
ailleurs dans le pays. Certes, il n'est pas du tout impossible qu'un
attentat s'y produise, mais ni plus ni moins qu'à Paris, Lyon ou Marseille.

Terre du Ciel ne veut pas abandonner un pays ami dans l'adversité en cédant à la peur et pour ne pas donner ainsi raison aux terroristes. Et d'abord, parce qu'il n'y a pas de vraies raisons de partir.
L'agence Infinitude maintient intégralement son programme, et je retourne
là-bas personnellement pour quinze jours en mars.
Inch Allah, si Dieu le veut.
Alain Chevillat